L’annonce récente d’un moratoire complet sur la pêche à la perchaude dans le lac St-Pierre illustre bien la vulnérabilité de nos écosystèmes aquatiques. Que pouvons-nous faire? Nous pouvons implanter des corridors boisés le long de nos cours d’eau.
Au moment de parler de bandes riveraines boisées, la première objection soulevée concerne l’entretien de cours d’eau par la MRC. Il est pourtant possible de ne reboiser qu’un côté du cours d’eau avec des essences nobles susceptibles de rentabiliser l'investissement, par exemple le noyer noir (Juglans nigra) et le chêne rouge (Quercus rubra) et de semer l’autre berge avec des arbres à croissance rapide, utile pour la production de biomasse, par exemple le Saule osier (Salix viminalis). Ces essences à croissance rapide serviront «d’abris latéraux» de manière à fournir une protection aux plants contre les vents desséchants et également à réduire la lumière parvenant sur les troncs. De cette façon, si on doit faire l’entretien du cours d’eau, on peut récolter la biomasse sur cette berge sans affecter significativement les arbres à croissance lente présents sur l’autre berge.
Différencier les deux berges accélère les effets positifs d’une bande riveraine boisée, puisqu’on bénéficie rapidement d’arbres d’un bon calibre d’un côté du cours d’eau. Suivant la croissance des arbres, le talus deviendra plus stable, l’ombrage favorisera la réduction de la température de l’eau et par conséquent la renaturalisation du milieu. À moyen terme, on verra le rétablissement des colonies d’amphibiens et bientôt nous aurons un corridor boisé faunique reliant des îlots boisés antérieurement isolés.
Finalement, il faut nous rappeler que certaines plantes non indigènes envahissantes par exemple le roseau phragmite (Phagmites australis) forment des peuplements généralement monospécifiques et une fois qu’elles ont pénétrées dans un écosystème, elles se propageront jusqu’à le détruire. En effet, les racines du phragmite dégagent des toxines dans le sol qui nuisent à la croissance des plantes environnantes et les font mourir. La création de bandes riveraines boisées minimise la propagation des espèces exotiques.

