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La forêt, la faune, l’eau… des mots rassemblés dans une même stratégie d’aménagement

L’aménagement intégré à l’échelle d’un sous-bassin versant est une tendance de plus en plus forte dans les forêts privées du Québec.

L’aménagement intégré à l’échelle d’un sous-bassin versant est une tendance de plus en plus forte dans les forêts privées du Québec.

Publié le 22 Mai 2012
Publié le 22 Mai 2012

Par Amélie Collard, biologiste (Agence forestière des Bois-Francs)

Sujets :
Québec , MRC de L’Érable , Sous-bassin versant de la rivière Noire

L’aménagement intégré à l’échelle d’un sous-bassin versant est une tendance de plus en plus forte dans les forêts privées du Québec. Ce type d’aménagement intègre l’ensemble des ressources d’un territoire. Un projet est présentement en cours dans la MRC de L’Érable au Centre-du-Québec dans le sous-bassin versant de la rivière Noire.

Un sous-bassin versant est une portion de territoire où l’eau de surface s’écoule vers un même exutoire (cours d’eau, lac, etc.). Ce territoire est physiquement délimité par la ligne suivant la crête des montagnes, des collines, etc.

Quel rôle un boisé joue-t-il par rapport à un autre? Pourquoi le cerf ou l’orignal affectionne-t-il une propriété? Sinon, pourquoi semble-t-il alors apprécier davantage les boisés environnants? Pour répondre à ces questions, il faut d’abord connaître les caractéristiques d’un boisé puis étudier le territoire qui l’entoure.

Cette question est très importante pour les aménagistes de la forêt. L’aménagiste cherchera à comprendre le rôle d’un boisé par rapport à son milieu environnant, et ce, dans le but d’améliorer la prise de décision. Cela est d’autant plus pertinent si l’on souhaite intégrer la dimension faunique à l’aménagement forestier.

En forêt privée, les décisions d’aménagement sont prises la plupart du temps à l’échelle du lot. Cette situation fait en sorte que les aménagistes ne tiennent pas compte de la vue d’ensemble des écosystèmes forestiers et des habitats qu’il renferme. Or, la gestion à l’échelle du paysage s’impose de plus en plus comme un prérequis en matière de gestion durable des forêts. Ce mode de gestion vise à changer notre perspective lorsque vient le moment de prendre une décision relative à l’aménagement du territoire de manière à élargir notre champ sur un horizon plus vaste.

L’utilisation du sous-bassin versant comme échelle de travail en forêt privée représente à la fois une approche novatrice et prometteuse au Québec et dans la région. Cette unité d’aménagement comporte plusieurs avantages : elle permet plus facilement de résoudre les problèmes liés à la qualité de l’eau, elle facilite le regroupement de lots où les propriétaires peuvent facilement s’identifier et développer un sentiment d’appartenance à un territoire qui n’est pas trop vaste. Elle permet également d’intégrer plusieurs habitats d’espèces fauniques dont les espèces ayant un grand domaine vital (orignal, cerf), etc.

La première étape dans le développement d’une stratégie d’aménagement à l’échelle d’un sous-bassin versant consiste à effectuer un portrait de l’ensemble des ressources qui s’y trouvent (forêt, faune, eau, milieu humide, agricole, urbain). Ce portrait s’effectue généralement à l’aide des informations disponibles, bien que la prise de données sur le terrain s’avère parfois aussi nécessaire. Ce portrait nous permet de mieux connaître le territoire à l’étude, d’identifier ses problématiques et des pistes de solutions pour y remédier.

L’approche par sous-bassin versant s’adresse à tout propriétaire qui souhaite aménager son boisé de façon à améliorer la qualité de sa forêt et contribuer au maintien de sa biodiversité.

A titre d’exemple, si un boisé se situe à l’intérieur d’un ravage de cerfs, il se peut que nous suggérions à son propriétaire d’effectuer des interventions sylvicoles qui favoriseront la création de trouées nourricières dans ses peuplements à dominance résineuse. Ainsi, dans cet exemple, notre recommandation d’aménagement découle d’une analyse à l’échelle de ce ravage où l’entremêlement entre la nourriture et l’abri a été identifié comme étant déficient.

Autre exemple, si un sous-bassin compte très peu de vieilles forêts potentielles, nous pourrions suggérer de conserver le bois mort (debout ou au sol) de certaines érablières qui semblent avoir de l’âge. Ces éléments ont une grande valeur pour la biodiversité!

Au terme du projet pilote dans L’Érable, l’approche par sous-bassin versant pourrait certainement devenir une formule exportable dans d’autres secteurs de la région du Centre-du-Québec.

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22 Mai 2013

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