Depuis bon nombre d’années, la région du Centre-du-Québec s’est enrichie de plusieurs plantations. En effet, l’Agence forestière des Bois-Francs estime à près 100 millions de plants qui ont été reboisés depuis 1945. L’intensité des travaux de plantation a été particulièrement élevée durant la période de 1984 à 2002. Ce n’est pas moins de 65,3 millions de plants qui ont été reboisés pendant cette période.
Aujourd’hui, les plantations du Centre-du-Québec occupent une superficie de près de 35 100 hectares correspondant à environ 5% du territoire de la région.
Ce sont de plants d’épinette blanche et de pin rouge qui sont le plus couramment utilisés lors des travaux de reboisement. Toutefois, d’autres essences d’arbres sont aussi utilisées notamment l’épinette rouge, l’épinette noire, le mélèze et le pin blanc. Dans une très faible proportion, des essences feuillues sont également reboisées. Dans ce cas, l’érable à sucre et le chêne rouge sont les plus utilisés.
Ces plantations offrent des rendements en production de bois très élevés. L’Agence a d’ailleurs réalisé une étude visant à mesurer ces rendements ainsi que la qualité des arbres qui ont été plantés.
De toutes les essences résineuses reboisées, c’est le pin rouge qui possède les meilleurs rendements. Une plantation moyenne de cette essence produit 11,2 mètres cubes (m3) de bois par année dans un hectare (10 000 m2). À la fin de sa croissance, c’est-à-dire, lorsque la plantation sera prête pour une récolte finale soit vers l’âge de 55 ans (l’âge de la récolte finale peut-être supérieure en fonction des conditions de croissance de la plantation), chaque hectare aura produit en moyenne 618 m3 de bois. Si l’on considère qu’un camion de bois contient environ 40 m3, il faudrait que ce camion effectue 15 voyages pour livrer à une usine de transformation tout ce bois produit dans un seul hectare. Et si l’on reporte ce volume de bois sur l’ensemble des 6 580 hectares qui ont fait l’objet de reboisement en pin rouge dans la région du Centre-du-Québec, ce sont plus 101 000 voyages qu’il faudrait effectuer!
L’épinette blanche a aussi d’excellents rendements. En moyenne, chaque hectare produit annuellement 8 m3 de bois, ce qui correspond à un volume de 509 m3 par hectare au moment de la récolte finale (60 ans). En comparaison, les forêts naturelles produisent annuellement de 2 à 3 m3 par hectare.
videmment, tout ce volume de bois ne sera pas prêt à être récolté la même année. En fonction de l’année de la mise en terre, de l’essence reboisée et des conditions de croissance, le bois provenant des plantations sera récolté au fil des prochaines décennies.
En 2001, l’Agence a établi la possibilité forestière (apparentée à l’intérêt produit par un compte en banque) à 207 000 m3 par année le volume de bois qui peut être récolté, d’une manière durable, en considérant toutes les essences forestières résineuses du territoire de la région du Centre-du-Québec.
Aujourd’hui, les données de l’inventaire des plantations nous indiquent que des quantités phénoménales seront disponibles dans les années à venir. On peut avancer que la possibilité forestière provenant des seules plantations d’essences résineuses avoisinera les 250 000 à 300 000 m3 de bois annuellement. C’est toute une richesse pour la région!
Les forêts sont en perpétuel changement. Elles évoluent lentement au fil du temps. Particulièrement, les arbres qui composent une forêt naissent, croissent et finissent par mourir au bout d’une période plus ou moins longue selon l’essence d’arbre, le site où ils poussent et les conditions climatiques auxquelles ils sont confrontés.
Les ingénieurs forestiers qui prescrivent les travaux sylvicoles permettant une mise en valeur optimale des boisés, préconisent des traitements sylvicoles en fonction de l’évolution des caractéristiques des peuplements forestiers. Ainsi, au gré du stade de développement des peuplements forestiers, différentes coupes sylvicoles peuvent être effectuées telles l’éclaircie commerciale et la coupe de jardinage. En d’autres mots, les traitements sylvicoles s’apparentent à ce que la nature aurait fait sur une plus longue période de temps.
Ces types de traitements sylvicoles visent à assurer le maintien et l’amélioration des forêts. Lors de la réalisation de ces travaux sylvicoles, les ingénieurs forestiers favorisent la régénération naturelle des essences forestières lorsqu’elle est présente en qualité et en quantité suffisante. Toutefois, lorsque ce n’est pas le cas, par exemple dans des peuplements dégradés et de faible valeur commerciale, ils ont recours au reboisement pour permettre une remise en production forestière rapide et adéquate du site.

