Établi à Chesterville depuis 1998 et employant plus de 100 personnes, le Groupe Anderson est le plus important fabricant d’équipements d’enrobage agricole en Amérique du Nord. Il a réussi une percée majeure sur le continent européen grâce à sa nouvelle presse à biomasse forestière, le «Biobaler».
Le «Biobaler», tiré par un tracteur, permet de récolter et de transformer des plantes et des arbres en une balle ronde de 4 pieds de diamètre pour la production d’électricité et de chaleur. Il peut produire jusqu’à 40 balles à l’heure et même broyer des arbres jusqu’à six pouces de diamètre. Son format compact permet d’entretenir les terrains sous les lignes électriques, les plantations, les bordures des routes ou pour remettre en culture des terres abandonnées.
Cette innovation démontre les opportunités possibles entre les entreprises et le milieu de l’éducation. En effet, l’histoire de la presse débute en 2005 sur les bancs d’école, à l’Université Laval, où deux étudiants à la maîtrise en génie agroenvironnemental développent une machine pour la récolte de la biomasse agricole et forestière à des fins de bioénergie. Avec l’appui du gouvernement du Canada, Luc D’Amours et Frédéric Lavoie adaptent une presse à foin qui deviendra plus tard le «Biobaler». Les résultats du prototype sont prometteurs et poussent les ingénieurs à démarrer leur entreprise, FLD Biomasse, en acquérant les brevets auprès du gouvernement canadien. Ayant déjà collaboré avec le Groupe Anderson pour des contrats en recherche et développement au cours de leurs études, les ingénieurs se tournent stratégiquement vers cette entreprise pour finaliser et fabriquer la presse qui complète naturellement la gamme du Groupe comptant 33 équipements agricoles et forestiers. Ainsi, le Groupe Anderson acquiert 50 % de l’actionnariat de FLD Biomasse en 2008.
Toujours dans la même année, le Groupe Anderson participe à la foire internationale Poleko, spécialisée dans le domaine de l’environnement à Poznan, en Pologne, une mission organisée par la Corporation de développement économique des Bois-Francs (CLD) et la Conférence régionale des élus du Centre-du-Québec. L’objectif de l’entreprise était alors de valider l’intérêt du marché polonais pour la presse à biomasse qui, suite à leur entrée dans l’Union européenne, bénéficiait des fonds structurels pour adopter des technologies vertes. Les visiteurs à Poleko ont afflué au kiosque du Groupe et certains étaient même déjà prêts à acquérir la presse immédiatement sur place.
De retour au Québec, avec une centaine de cartes d’affaires de clients potentiels, les dirigeants de l’entreprise ont investi temps et argent pour parfaire leur presse en matière de productivité, de fiabilité et d’homologation à la norme de conformité européenne (CE). Le Groupe Anderson solidifie ses liens avec FLD Biomasse en intégrant les deux ingénieurs dans l’actionnariat d’Anderson, en septembre 2009, pour ne former qu’une seule et même entité.
Fin prêt à la commercialisation à l’automne 2009, le Groupe a invité ses contacts européens à venir les rencontrer à la foire Agritechnica en Allemagne, en novembre 2009. Durant sept jours, le kiosque a suscité énormément d’intérêt, plus particulièrement auprès des distributeurs d’équipements agricoles au Danemark et en Suède. Ces pays, frappés par la crise du pétrole dans les années 80, ont développé un marché structuré pour la biomasse. Depuis, la tonne sèche de biomasses se vend entre 100 $ et 125 $ en Europe, comparativement à 25 $ et 30 $ au Canada.
Depuis novembre 2009, le Groupe a vendu 26 unités de sa presse à biomasse à sept distributeurs européens et prévoit en vendre 40 autres au cours de la prochaine année, des contrats d’une valeur totalisant environ 9,9 millions. Les presses sont distribuées en Angleterre, Pologne, Allemagne, Suisse, Danemark, Slovaquie, Hongrie, République Tchèque, Slovénie, Autriche, Croatie et Bosnie-Herzégovine. Grâce à cette nouvelle production, le Groupe Anderson a procédé à l’embauche de six nouveaux travailleurs. La presse à biomasse d’Anderson constitue une véritable révolution sur le marché. Actuellement, les producteurs de biomasse se servent d’une fourragère adaptée pour leur récolte. L’engouement pour la technologie d’Anderson est relié à son coût accessible, ses frais d’opération moins élevés à la tonne, une logistique plus efficace, mais surtout un temps de séchage plus rapide et plus uniforme de la biomasse, procurant ainsi un rendement calorifique optimal.
Le succès de la presse à biomasse et l’expertise reconnue du Groupe Anderson rejaillissent également sur leurs autres équipements forestiers et agricoles qui ont trouvé de nouveaux débouchés en Russie, au Japon, en Afrique du Sud et au Kazakhstan. Grâce à sa vision et à son opportunisme, le Groupe Anderson exporte ses produits dans 26 pays sur les cinq continents.

