• Imprimer
  • Envoyer à un ami
  • Commenter (0)
  •  

Concert et sapinière, les deux plaisirs de Jean-Guy Bernier

Concert et sapinière, les deux plaisirs de Jean-Guy Bernier

Concert et sapinière, les deux plaisirs de Jean-Guy Bernier

Publié le 29 Novembre 2007
Publié le 8 Juin 2010

De la culture de sapins… ou de la culture musicale, il ne faudrait peut-être pas demander à Jean-Guy Bernier de choisir. L’une le tient physiquement en forme, tout en le rapprochant de la nature. Quant à l’autre, elle nourrit son âme.

Sujets :
Commission de protection du territoire agricole du Québec , Association forestière , Centre Normand-Léveillé , Saint-Félix-de-Kingsey , Drummondville , Rang

Tout un personnage que ce Jean-Guy Bernier qui, après une longue carrière d’homme d’affaires à Drummondville – où se trouve toujours sa résidence principale -, s’est mis à cultiver, à sa façon, la terre et la mémoire de son père, Gérard, à Saint-Félix-de-Kingsey.

Au 936, Rang 3, Gérard Bernier et son épouse, Simone Proulx, ne reconnaîtraient peut-être plus tout à fait les lieux. Tout autour de la maison familiale rénovée, Jean-Guy Bernier a planté des sapins Beaumier, 75 000 depuis 1989. Et il a fait construire, en 2003, un nouveau bâtiment, La petite chapelle St-Gérard.

Ce devait d’abord être un lieu de rassemblement privé, Jean-Guy Bernier adorant les fêtes de famille et les veillées musicales. Progressivement, au fil du temps… et des visites, le lieu s’est ouvert au public, devenant une petite salle d'une soixantaine de places que fréquentent surtout les mélomanes, ravis d’assister, en pleine campagne, à des concerts intimes.

Entre juin et décembre, l’«autel» de La petite chapelle St-Gérard offre une programmation surtout classique. «J'ai constaté que le monde classique est bien petit au Québec et que les artistes ont peu de scène où se produire.»

Jean-Guy Bernier feuillette son album truffé de photographies, d’articles de journaux, de dépliants illustrant la programmation des trois dernières années, d’affiches promotionnelles.

Il se rappelle avec délectation de la voix sublime de Giorgia Fumanti, de l’émouvant duo Nathalie Choquette et sa fille Florence K, de Gilles Vigneault et de Jean Lapointe, des quatre annuels concerts de Noël, de cet étonnant ensemble hongrois, la famille Molnar, un père et ses quatre filles. Tous ces artistes sont passés par Saint-Félix-de-Kingsey.

Jean-Guy Bernier se montre tout aussi enchanté par ce qui se passe sur la scène que par ces précieux moments que les artistes peuvent vivre avec le public. «Après le concert, parce que tout le monde reste sur place, le public peut échanger avec les artistes.»

S’il avait obtenu le feu vert de ses voisins, de la Municipalité et de la MRC de Drummond pour accueillir les mélomanes en zone verte, il l’attend, ces jours-ci, de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) à qui il vient tout juste d’adresser sa demande.

C’est qu’il a d’autres projets de construction, Jean-Guy Bernier que les Drummondvillois et les Trifluviens ont surtout connu parce qu’il est le cofondateur de la concession Chrysler Crépeau, Bernier! À 66 ans, il n’a rien perdu de sa fibre entrepreneuriale et de son sens des affaires. Il souhaite élargir le rayon culturel de sa petite chapelle, lui ajoutant par exemple un centre d’exposition, une autre façon d’attirer des touristes dans son domaine.

Et la culture… de sapins

Les visiteurs, il les promène aussi à travers sa sapinière, souhaitant partager tout ce plaisir qu’il a à admirer ces alignements de cônes verts.

Considéré comme un producteur moyen, c’est environ 10 000 sapins cultivés, qui sortent annuellement des mains de Jean-Guy Bernier pour verdir Noël. Le gros de sa production (70%) prend le chemin des États-Unis.

Il y a ces 75 000 sapins qu’il a plantés sur les 100 arpents de la terre que son père avait achetée en 1930… Et il y a ces 25 000 autres, des Fraser, plantés sur une terre qu’il a louée à quelques kilomètres de chez lui. «Les Fraser sont plus populaires aux États-Unis. Comme ils perdent moins leurs aiguilles, ils ont meilleure apparence puisqu’ils partent dès octobre.»

Au printemps prochain, Jean-Guy Bernier se propose de planter 20 000 autres arbres… Quand on sait qu’ils mettent dix ans à atteindre leurs six ou huit pieds, c’est dire à quel point le producteur a confiance en l’avenir.

La plantation de sapins de Noël n’est toutefois pas une sinécure, même si elle ne nécessite pas énormément d’équipements, précise le producteur.

C’est à mains nues qu’on met en terre les pousses, dans un sol sablonneux de préférence et très bien drainé. Il faut les tailler annuellement, dès leur troisième année, veiller à ce que les mauvaises herbes ne nuisent pas à leur croissance. Il faut aussi chasser les insectes… et maintenant les chevreuils. Le feuillage de cèdre, dont ils sont friands commence à manquer, tellement les cervidés sont nombreux. Ils se sont rabattus sur les plants de sapin. «J’en ai perdu au moins 5 000… il me faudra ériger des clôtures.»

La culture de sapins de Noël est également vulnérable aux aléas de la température. «On recherche des variétés dont les bourgeons arrivent plus tard, pour éviter qu’ils ne gèlent. Parce que si les bourgeons gèlent, on perd une année de croissance», précise Jean-Guy Bernier.

Ces temps-ci, le producteur, l’un de ses frères et un ami, s’affairaient à couper les sapins matures, qu’ils emballaient individuellement sur-le-champ.

Jean-Guy Bernier traite avec plusieurs grossistes pour s’assurer d’écouler toute sa production. Il ne craint pas les effets néfastes de la hausse du dollar sur la culture québécoise des sapins de Noël. «Ce sont surtout les distributeurs qui auront des problèmes, pas nécessairement les producteurs.»

Producteur de sapins, Jean-Guy Bernier est également producteur forestier, ayant acheté la terre d’une de ses cousines dont il met le bois en marché. Il siège d’ailleurs au conseil d’administration de l’Association forestière des Cantons-de-l’Est.

Terre synonyme de misère

Rien ne prédestinait celui qui, tout jeune, a d’abord été boucher. Jamais, confie-t-il, il n’aurait pensé qu’un jour il prendrait autant de plaisir à cultiver.

La terre, jadis, était synonyme de misère, confie-t-il. S’il garde de beaux souvenirs de sa jeunesse, il se rappelle aussi comment ses parents en ont «arraché», comment son père devait trimer dur, les revenus de sa petite ferme ne suffisant pas à nourrir la famille. «Avant d’aller travailler chez J. Robert Noël (Ciment Rono) à Arthabaska, il avait ses 10 vaches à tirer le matin. Le soir, quand il revenait, les travaux de la ferme l’occupaient jusque tard le soir.»

Gérard Bernier travaillait dur… mais il chantait, distillant, sans peut-être s’en douter, le goût de la musique à l’avant-dernier de la famille.

C’est avec ses trois frères et sa sœur que Jean-Guy Bernier a acheté la ferme, en 1972, pour procurer «sécurité» aux parents. Deux ans plus tard, M. Bernier en devenait le seul propriétaire, quatre ans avant le décès de son père.

Boucher, puis vendeur chez Autobus Girardin, il s’associait à Jean-Guy Crépeau pour démarrer, en 1983, son entreprise Bernier, Crépeau dont il s’est départi voilà six ans.

Jean-Guy Bernier s’estime privilégié de posséder la santé et des amis. «Je suis heureux de travailler. On passe notre vie à le faire, aussi bien que ce soit agréable!»

D’ouvrir sa chapelle au public, de donner de son temps au Centre Normand-Léveillé, à l’Orchestre symphonique de Drummondville et à la Fondation Frédérick-Georges-Hériot, c’est sa façon de redonner à la communauté ce qu’il considère en avoir reçu.

Et tout ce qu’il investit, en argent, en temps, en travail, dans son domaine qu’il a marqué d’une affichette «Doux souvenir d’antan», il le fait pour lui, mais plus encore en pensant à l’avenir de ses trois filles, dont il espère qu’elles prendront son relais.

On peut, virtuellement, visiter le site de La petite chapelle St-Gérard au www.lapetitechapellest-gerard.qc.ca

Commentez

Commentez (Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.

Publicité

Nos Annonceurs

22 Mai 2013

Nos annonceurs
loading...
Document sans nom
SmartEdition
logo smart

Publicité