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Un couple piqué à vif!

Sur ce cliché, on aperçoit Alexandre Gardner et Julie Croteau.

Sur ce cliché, on aperçoit Alexandre Gardner et Julie Croteau.

Publié le 23 Septembre 2011
Publié le 23 Septembre 2011

Apiculture

Par Annie Proulx, conseillère en transformation alimentaire, MAPAQ, Victoriaville

Sujets :
Université Laval , Musée de l'abeille de Québec , Fédération des apiculteurs du Québec , Norbert , Cégep de Victoriaville , Municipalité de St-Norbert

La production agricole a bien des avenues possibles pour quiconque désire se lancer en affaires. C'est ce que Alexandre Gardner et sa conjointe, Julie Croteau, ont découvert au fil des ans. Ils sont aujourd'hui propriétaires de l’entreprise «Miel Gardner» située à St-Norbert, une entreprise en pleine croissance dans un secteur jadis marginal, le miel. Mises à part les heures de travail, le secret de la réussite passe par les connaissances, la chance,...et les contacts!

En 1994, durant un cours d'apiculture à l'Université Laval, Alexandre fut curieux du monde des abeilles. Pour satisfaire sa soif de savoir, il voulait mieux comprendre la biologie de cet insecte. Outre les livres, il lui fallait quelque chose de concret. Pas de doute possible, il devait trouver où acheter une ruche! Et ça, c'était plus difficile que de se procurer un chat... C'est alors qu'un confrère de classe lui conseilla de se rendre au Musée de l'abeille de Québec.

La voiture du couple stationnée devant le musée, Julie attendait patiemment que son amoureux y place la "fameuse" boîte. La ruche déposée dans le coffre arrière, elle croisa les doigts en espérant que les abeilles y demeurent pour toute la durée du voyage. Après avoir discuté un peu avec Alexandre, l'homme travaillant au musée eu le pressentiment qu’il se lançait dans une aventure inconnue. Il lui expliqua quelques rudiments de la conception d'une ruche avant son départ. Ce sont ces connaissances de base, additionnées à l'expérience, qui ont permis à Julie et Alexandre de concevoir eux-mêmes leurs ruches.

Une première ruche installée derrière la maison du père d'Alexandre. Le couple trouvait la situation bucolique et intéressante; l'observation des abeilles était satisfaisante, Alexandre était heureux. À la fin de cette première année, ne sachant trop quoi en faire, la récolte de miel fut laissée aux abeilles. Au printemps suivant, il fut agréablement surpris de constater que ses abeilles avaient non seulement survécu, mais qu'il pourrait tenter de créer une deuxième ruche. Ce qu'il fit avec succès. Mais un heureux problème apparaissait à l'horizon: la récolte allait probablement être doublée.

Encore une fois, c'est grâce à ses contacts qu'il débuta l'extraction du miel. À sa sortie d'école avec une formation en agronomie, Alexandre débuta un travail où il rencontra bon nombre de producteurs. Un de ceux-ci possédait également des abeilles. De façon généreuse, il leur offrit d'extraire le miel de leur ruche. Une première extraction en cette deuxième année de récolte. Une chaudière de miel à ramener à la maison. Ironiquement heureux d'avoir réussi à récolter une chaudière entière, il ne savait pas trop quoi faire de cette grande quantité.

D'années en années, le couple affinait ses connaissances dans le secteur. En 2004, le varroa, un parasite répandu dans bon nombre de ruchers, envahit les abeilles. Fort dans les épreuves, le couple raconte que cette aventure, bien que destructrice, leur a permis d'en connaître davantage sur l'apiculture. D'une vision positive du milieu dans lequel ils oeuvrent, ils transmettent aujourd'hui à autrui toute la chance que leur entourage leur a donnée autrefois.

Julie a contribué à mettre sur pied un service de garde pour l'école primaire du village. Alexandre est conseiller à la municipalité de St-Norbert, enseignant au Cégep de Victoriaville, en plus d'être président du syndicat des apiculteurs de la Mauricie, de l'Estrie et du Centre-du-Québec. Nouvellement, ils ont embauché une ressource trois jours par semaine afin de leur venir en aide avec la lourdeur de la tâche. Alexandre et Julie appliquent le principe "donnez au suivant". Cet employé possède également quelques ruches.

Aujourd'hui, ils sont en pleine construction d'une miellerie qui leur permettra d'extraire et de transformer eux-mêmes leur précieux miel. Ils participent à la Balade Gourmande des Bois-Francs depuis trois ans et sont présents dans plusieurs supermarchés. Au printemps 2012, c'est également de l'hydromel qu'ils vendront. Avec la transformation du miel dans des produits gourmets, la production d'hydromel, la gestion de nombreux ruchers, l'implication communautaire et politique, des projets d'agrotourisme, on peut dire qu’ils sont comme les abeilles, en travail continuel! Elles ont dû les piquer il y a quelques années pour leur faire couler un peu de miel dans les veines!

Si le monde de l'apiculture vous intéresse, le service agriconseils a maintenant un conseiller spécialisé, soit M. Nicolas Tremblay, situé à Deschambault (conseilsapi@crsad.qc.ca). Vous pouvez également consulter le site internet de la Fédération des apiculteurs du Québec (www.apiculteursduquebec.com). Une formation en apiculture sera offerte à Victoriaville en mars 2012 (www.formationagricole.com).

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Daniel Bérubé
    - 9 Octobre 2011 à 11:30:48

    Article très intéressant, démontrant l'ardeur et le vouloir des jeunes, leurs implication dans leur milieu; l'entraide ! plutôt que la compétition! Cette compétition voulue par les marchés, mais qui fait en sorte que grand nombres s'écrasent les uns les autres dans un même milieu et ouvrant ainsi la porte aux compétiteurs de l'extérieurs, ayant souvent des exigences de qualités moindres que celles exigées à nos producteurs (trices). Chapeau ! Je vous vois comme un exemple à suivre ! Surtout dans ce domaine qui est en lien direct avec la pollenisation des plantes, si essentielle à toute forme de production alimentaire...

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