Appelés à vivre ensemble les producteurs agricoles et les autres habitants du milieu agricole ne se sont pas toujours bien compris, leurs motivations étant souvent ou parfois diamétralement opposées. Depuis que ceux qu’on appelle les néoruraux ont découvert nos campagnes, plutôt habitués à côtoyer les vapeurs des tuyaux d’échappement des voitures que celles des animaux d’élevage, les tensions étaient montées d’un cran! Arrivés avec l’image bucolique de la campagne québécoise, le réveil est parfois brutal quand le simple fait d’ouvrir une fenêtre au printemps fait manquer d’air !
La communication, au cœur des comités consultatifs agricolesQuoi de mieux que de se parler pour arriver à s’entendre? Aux grands mots les grands moyens : rien de moins qu’un article de loi, intervenu à la fin des années 90 a obligé les élus municipaux et les élus de l’Union des Producteurs Agricoles (UPA) à s’asseoir ensemble pour former ce qui a été appelé les comités consultatifs agricoles, communément appelés CCA. Ces comités, réunissent un nombre égal de maires et de représentants de l’UPA, auquel on ajoute un citoyen nommé par le conseil de la MRC. Leur rôle est d’étudier différents dossiers touchant à la zone agricole et à la cohabitation et de faire des recommandations au conseil de la MRC qui prend alors les décisions qui s’imposent.
La concertation issue d’une obligation allait-elle donner les résultats escomptés?Les débuts n’ont pas toujours été faciles, le langage n’étant pas le même pour tous. Les élus municipaux parlaient de schéma d’aménagement et de règlements d’urbanisme, constituant leurs outils pour planifier le territoire, tandis que les producteurs parlaient de quotas, de rendement des cultures, de fertilisation et de ventilation des bâtiments d’élevage. Les odeurs ont longtemps été au cœur des débats.
La région du Centre-du-Québec n’a fait pas exception, un comité consultatif agricole a été mis en place dans chacune des cinq MRC. Les cinq sont encore bien actifs et continuent de faire leur travail de recommandations aux conseils des MRC. Tous ont appris à se connaître et à s’apprécier, malgré les dossiers parfois houleux. Ces comités ont constitué des lieux d’échanges et de compréhension mutuelle. Chose certaine, la communication se fait maintenant dans les deux sens.
Beaucoup de chemin a été parcouru et les mésententes, même si elles existent encore et continueront sans doute de toujours survenir, sont moins nombreuses. Le contexte a changé : les technologies visant à réduire les odeurs, autant à l’épandage que dans les bâtiments ont évolué, les individus ont cheminé et la plupart sont maintenant heureux de vivre ensemble pour le meilleur des deux mondes. Ils auront, dans la plupart des cas au moins réussi à se comprendre; comme quoi imposer des rapprochements n’est pas toujours mauvais.

