Ces vers du poète nous les connaissons pour les avoir lus déjà, ou à tout le moins entendus. Ils prennent encore aujourd’hui tout leur sens, quand il s’agit de parcourir le chemin qui doit mener à l’éclosion, puis à l’épanouissement des pratiques agroforestières dans nos régions.
D’agroforesterie, oui on en parle. Plus qu’hier moins que demain sans aucun doute. Mais, il ne semble pas que l’on y décèle encore vraiment tout le potentiel de création de richesse qu’elle recèle. Autrement, il va de soi que ces pratiques seraient dores et déjà plus répandues.
Quoiqu’il en soit, ici ou ailleurs, il est rare qu’au départ l’agroforesterie soit perçue autrement qu’en un contexte de « pluriactivité». C’est avec le temps qu’elle passera d’activité secondaire à activité principale, particulièrement dans l’exploitation des produits forestiers non ligneux ou PFNL.
Pour paraphraser Nathan De Beats , nous dirons qu’il s’agit de valoriser toutes les fonctions sociales, environnementales et paysagères que l’agriculture peut remplir sur un territoire donné. Pour ce faire, nous devrons réunir les conditions requises pour établir un plan d’ensemble qui s’inscrive dans le cadre d’une stratégie d’action partagée par les principaux acteurs au sein du milieu rural.
L’éducation et la promotion de ces idées innovantes sont les ingrédients indispensables propres à créer les conditions conduisant à faire naître la volonté d’inscrire la recherche des bénéfices de l’agroforesterie au cœur de nos stratégies de développement du milieu rural.
Remettons donc notre ouvrage sur le métier. Polissons-le et le repolissons. Nous le ferons de notre côté au moyen de divers articles qui montreront les avantages de ces pratiques déjà bien identifiées. Ces pratiques, elles sont de type multifonctionnel comme par exemple les haies brise-vent et les systèmes riverains de protection des rives et des grèves, ou encore dans des systèmes à vocation productive, comme la culture intercalaire, le sylvopastoralisme ou l’exploitation des produits forestiers non ligneux.
Mais dressons d’abord la table. Rappelons clairement que la caractéristique fondamentale de l’agroforesterie consiste à associer intentionnellement l’arbre et l’arbuste à des cultures ou à des élevages. Cette notion de base n’est pas encore très bien comprise et c’est pourquoi rares encore sont ceux et celles qui définissent leur action selon celle-ci.
L’agroforesterie s’harmonise à la notion d’agriculture multifonctionnelle, au-delà d’une approche purement axée sur la production de nourriture. Ce concept rejoint ce que le chercheur François Véron désigne comme étant «les attentes de la société», disant que si elles incluent encore la production de denrées, elles se manifestent de plus en plus dans d’autres domaines.
Ces domaines, ce sont : l’environnement (protection) ; la société (création d’emploi, maintien du tissu social rural); la culture (patrimoine rural); le symbolisme (culture alimentaire, gastronomique, paysages).
Tous ces concepts trouvent preneurs et prennent vie dans divers milieux. Une illustration particulièrement intéressante des bénéfices de ces pratiques nous est présentée dans un court film accessible sur Internet que nous recommandons fortement de visionner. Vous le trouverez à l’adresse suivante: http://www.agroof.net/agroof_edition/agroof_DVD_13.html#film
Quant à nous, continuons pour le moment, de polir notre ouvrage…

