L’assemblée générale annuelle de la Fédération de l’UPA (Union des producteurs agricoles) du Centre-du-Québec, qui s’est tenue jeudi à Drummondville, a effet adopté une résolution demandant «d’intervenir auprès du gouvernement afin d’interdire toute nouvelle fracturation hydraulique, tout nouveau forage et tout développement du gaz de schiste tant et aussi longtemps que des garanties, prouvant que le développement peut se faire proprement, correctement, et dans l’intérêt de tous, ne seront pas fournies».
Dans le cadre d’une brève rencontre avec la presse, le président régional Jean-Claude Leclair et le vice-président provincial Pierre Lemieux ont expliqué que les craintes des agriculteurs sont les mêmes que celles ressenties au sein de la population «à cette différence que l’eau contaminée menacerait non seulement leur santé mais leur gagne-pain».
Le congrès national de l’UPA, qui aura lieu à Québec au mois de décembre, en entendra certainement parler. «Les producteurs veulent s’assurer qu’ils seront protégés le moment venu. Le rapport du BAPE sera déposé dans deux ans et on saura sans doute beaucoup plus sur l’impact de cette industrie sur l’agriculture. Mais rien ne nous empêche d’ici là de travailler conclure une entente-cadre avec les compagnies gazières tout comme celles que nous avons négociées avec Ultramar et Hydro-Québec», a indiqué M. Leclair.
Le préambule de la résolution fait mention d’études aux États-Unis, en Australie et en Grande-Bretagne qui « prouvent qu’il y a des risques sérieux sur l’environnement, sur la santé et sur les animaux à exploiter les gaz de schiste » et rappelle que «dans la vallée du Saint-Laurent, là où se trouve le garde-manger des Québécois, une hypothèse de 20 000 puits est vraisemblable, à raison de 150 à 600 puits par année pendant plusieurs décennies».
Pour sa part, M. Lemieux a résumé un voyage récent qu’il a fait en Pennsylvanie pour constater de visu les problèmes occasionnés par l’exploitation des gaz de schiste. «Ils ont eu à composer avec de l’eau contaminée, qui n’est plus déversée dans les cours d’eau mais enfouie très profondément dans le sol. J’ai constaté également une contamination de l’air. De plus, il est vrai que c’est bruyant».
Colbex-Levinoff
Quant à l’abattoir de Saint-Cyrille-de-Wendover, l’assemblée a demandé à ce que l’UPA accompagne la Fédération des producteurs de bovins du Québec, propriétaires de Colbex-Levinoff, dans ses démarches afin qu’une entente soit conclue avec un partenaire pour en assurer la pérennité.
«L’abattoir Colbex-Levinoff a de la difficulté à faire ses frais. Elle se dirige vers un autre déficit en 2011 et il est à souhaiter que les discussions avec la compagnie Olymel donneront des résultats. Pour le moment, le consortium, formé par la FPBQ, l’abattoir et le gouvernement, demande une participation financière de la part du MDEIE (ministère du développement économique, de l'innovation et de l'exportation). On veut que le ministère de l’agriculture fasse pression sur le MDEIE pour que ce dossier important puisse enfin se régler», a affirmé M. Lemieux.


