Les précipitations abondantes au cours de la saison de culture 2009 ont fait ressortir les problématiques de drainage de surface et entraîné une diminution de la productivité de plusieurs champs.
Depuis le début du mois de mai, la région a reçu plus de 500 mm de précipitations se traduisant par de longues périodes de surplus d’eau dans les sols et une diminution des rendements. En effet, le mauvais ressuyage des sols a pour conséquence de limiter le développement du système racinaire, il augmente le délai d’entrer dans les champs sans risque de compaction et il favorise le lessivage des éléments fertilisants. Tous ces facteurs font ressortir l’importance d’un bon drainage de surface.
Un mauvais égouttement des champs peut être attribuable à plusieurs causes, soit la présence d’une nappe perchée au-dessus d’une zone de compaction, l’écoulement hypodermique, une dépression au champ, une structure de sol instable et une nappe phréatique élevée. Les correctifs pouvant être apportés sont le sous-solage en condition sèche, le nivellement, la mise en place d’une rigole d’interception ou d’une tranchée filtrante, l’installation d’avaloirs, etc. Avant de débuter des travaux, il est important de réaliser un bon diagnostic afin de choisir la meilleure solution. Ceci permet d’éviter la réapparition des problèmes dans les prochaines années et les investissements inutiles.
Le diagnostic débute par un examen visuel du champ afin de localiser les dépressions et de connaître la topographie du terrain. Par la suite, des profils de sol dans des endroits stratégiques permettent de vérifier l’efficacité du drainage souterrain et la présence de signes de compaction (couleur des couches de sol, odeur du sol, distribution des racines, etc.). De plus, comme il est difficile de bien identifier les zones de dépressions à l’œil nu, il est recommandé d’obtenir un relevé topographique détaillé. Ce relevé permet d’identifier à l’aide des courbes de niveau où l’eau tend à s’accumuler et le chemin préférentiel qu’elle emprunte.
Toutes ces informations vont permettre de décider en toute connaissance de cause quelle solution adopter. Dans un contexte où le coût des intrants est de plus en plus élevé et où la marge de profit diminue, toutes les superficies cultivées doivent être productives. L’obtention d’un bon rendement commence par des champs bien drainés.
Beaucoup d’eau, petits rendements ?
Jacinthe Drouin, agronome Et Jacinthe Leblanc, agronome, Club Agroenvironnemental Bois-Francs, Victoriaville clubbf@bellnet.ca
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