«Nous innovons dans l'objectif de trouver des nouvelles façons de faire plus efficaces, tout en respectant les normes de certification biologique, en réduisant notre empreinte écologique et en améliorant le confort et le bien-être de nos animaux», explique d'entrée de jeu Sébastien Angers, agronome et co-propriétaire de la ferme où l'on élève des porcs de pâturage, des veaux sous la mère ainsi que des bœufs des prés.
«L'innovation se retrouve dans toutes les étapes de notre production. Tout d'abord, dans les champs, nous faisons de la culture sur billons, qui est une méthode de semis direct. Cela permet de laisser les résidus en surface et diminue donc le travail des sols», spécifie-t-il.
«Cette technique engendre moins de passages de tracteur, donc moins de carburant est utilisé et diminue l'érosion des sols», note pour sa part Guylaine Buecheli, co-propriétaire et responsable du volet transformation et marketing des Viandes Rheintal.
Cette ferme composte également la totalité des fumiers qu'elle utilise, qui sont d'ailleurs solides. «Et partout, nous utilisons des engrais verts de façon intensive, tel que du trèfle, de la vesce velue, de la phacélie, du radis fourrager, etc. », dit-il, tout en spécifiant avoir des rendements de cultures similaires à ceux des agriculteurs conventionnels. « Le tout contribue à la fertilité des sols à long terme. Son amélioration est toujours en croissance», estime M. Angers.
Une alimentation diversifiée
En cultivant eux-mêmes leur maïs, leur soya, leurs céréales et leur fourrage, les Viandes Rheintal, dont les terres sont d'une superficie de 84 hectares, ont le contrôle sur ce qu'ils donnent à manger à leurs animaux. «De plus, nos porcs ne s'alimentent pas uniquement de ration de maïs et de soya, ils mangent également du foin ainsi que des grains mélangés, dont de l'orge, de l'avoine, du lin et du petit lait de la fromagerie l'Ancêtre...», énumère l'agronome. À leur avis, cette alimentation diversifiée donne un meilleur goût à la viande et la présence du foin y ajoute des oméga-3.
Différentes races à l'essai
En faisant des essais génétiques et des croisements, l'entreprise située dans la MRC de Nicolet-Yamaska tend à trouver sa propre ligne génétique qui, en bout de ligne, offrira la meilleure qualité de viandes pour les produits transformés qu'elle développe. «Ce qui sera idéal pour une pièce de viande ne le sera pas nécessairement pour des charcuteries», souligne Mme Bucheli. Actuellement, parmi ses truies, on retrouve notamment les races Berkshire et Red Wattles. Cette dernière est rare et très rustique.
Les charcuteries: un monde à découvrir
Dernièrement, le couple a suivi une formation au collège Enilv en Auverge, en France, pour approfondir sa connaissance en matière de charcuterie. « La connaissance des Européens en cette matière est très grande. C'est notamment à cet endroit que nous avons appris à faire des saucisses et des produits séchés sans agents de conservation», souligne la responsable de la transformation.
Ensuite, un Suisse s'est arrêté quelque temps à leur ferme afin de leur enseigner à confectionner des produits tels que des Bratwursts (saucisses allemandes) et des Gendarmes (saucisses séchées et fumées).
Or, actuellement, les produits séchés ou fumés ne peuvent être produits en raison de l'absence des équipements nécessaires dans la région. « C'est dommage, parce que c'est dans cette direction que le marché se dirige. Dans les dix dernières années, l'industrie du fromage a vécu un essor au Québec. En ce qui me concerne, je crois que ce sera au tour des charcuteries de vivre la même chose dans les prochaines années», croit-elle.
En attendant de pouvoir développer une gamme de produits fumés et séchés en plus de tous leurs produits déjà sur le marché, Mme Buecheli a développé son propre jambon à base de sel de céleri sans nitrite et sans érythorbate. Elle le transforme au Centre d'innovation en transformation agroalimentaire de Nicolet (CITAN). Elle se rend aussi à Tingwick, à La Jambonnière, pour y produire un bacon fumé.
Une philosophie distinctive
« Avec toutes ces petites attentions et innovations, nous atteignons un niveau de goût supérieur tout réduisant l'utilisation de produits chimiques et de sels. C'est ce qui nous distingue», poursuit M. Angers.
«De nos jours, les gens ne consomment plus seulement des produits pour les manger. Ils veulent vivre une expérience d'achat. Ils veulent avoir confiance en ce qu'ils consomment. C'est ce à quoi nous nous engageons: l'authenticité, la distinction et la pérennité», assure-t-il. «Nous avons le désir du dépassement de soi et l'intention de faire avancer et perfectionner le secteur de l'élevage biologique au Québec. Nous le réaliserons en tenant compte du savoir et du savoir-faire "pratique" de toute l'agronomie qui résulte tout autant de la tradition que des résultats de la recherche contemporaine», conclut l'agronome.
Pour plus d'informations sur les produits et les points de vente des Viandes Rheintal: www.viandesrheintal.com


