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Des arbres au profit de l'agriculture

Jacques Côté, de la Ferme Bertco. Photo, Le Courrier Sud

Jacques Côté, de la Ferme Bertco. Photo, Le Courrier Sud

Publié le 22 Mai 2012
Publié le 22 Mai 2012
Sébastien Lacroix  RSS Feed

Les frères Jacques et Marc Côté ont planté plusieurs kilomètres de haies brise-vent sur leurs terres agricoles de Baie-du-Febvre.

Sujets :
MAPAQ , Ferme Bertco , Rang du Pays-Brûlé , Rang de la Grande-Plaine , La Visitation-de-Yamaska

Les propriétaires de la Ferme Bertco, qui sont parmi les derniers producteurs laitiers encore en opération dans le rang du Pays-Brûlé, en ont planté à trois endroits pour protéger leurs cultures.

C'est en allant prendre sa marche, dans les champs situés à l'arrière de sa résidence, où se trouvent quelques boisés, que Jacques Côté a eu l'idée de planter des haies brise-vent.

«Je me rendais compte que les arbres avaient un effet bénéfique. Lors des journées de grands vents, je m'apercevais qu'il ventait moins fort quand je passais près des boisés», raconte le producteur agricole.

«Avant d'implanter des haies brise-vent, je voyais déjà que les boisés avaient un effet bénéfique sur les champs, se souvient-il. J'avais pu observer que ça repoussait plus vite, au printemps, près des endroits qui étaient protégés par les arbres. C'était aussi moins endommagé par le gel».

Après avoir entendu parler des subventions de l'ordre de 75 % des coûts qu'offrait le MAPAQ, Jacques Côté a sauté sur l'occasion. Il a toutefois dû se résoudre à amputer son champ d'une douzaine de pieds sur toute sa longueur afin d'éventuellement augmenter le rendement de ses récoltes.

«Dans la littérature, on dit que, quand les arbres ont atteint leur maturité, il y a une augmentation du rendement de l'ordre de 30 %, mais ce n'est pas du tout comme ça au départ. Ça prend plusieurs années avant que ce soit rentable», avertit Jacques Côté.

«Nous avons fait ça parce que nous y croyions. Quelqu'un qui fait ça en ne pensant qu'à court terme est mieux de ne pas le faire du tout. Au début, les avantages sont minimes par rapport aux inconvénients de perdre une partie de sa récolte», témoigne-t-il.

Déjà quelques effets tangibles

«Nous avons eu de bonnes récoltes cette année, mais ce n'est pas dû seulement à nos haies brise-vent, estime l'agriculteur. C'est certain que ça n'a pas dû nuire que nous ayons planté des arbres, mais c'est surtout le fait que nous avons passé au semis direct qui explique cette augmentation. C'est une agriculture qui est plus propice».

«Pour voir si un champ de semis direct est en santé, il faut regarder le nombre de «cabanes de vers» qu'on y retrouve et nous en avons beaucoup. Si les vers de terre sont présents, c'est bon signe. Leurs tunnels facilitent le drainage des champs en créant ce que l'on appelle des «macropores» qui laissent passer l'eau», continue-t-il.

«C'est un effet des haies brise-vent qu'on peut déjà observer. Les vers n'aiment pas les endroits arides, rappelle le cultivateur. En diminuant la force des rafales, elles font en sorte que les champs ne deviennent pas secs parce que la terre part au vent. C'est bénéfique pour les vers».

Jacques Côté estime qu'il est encore trop tôt pour voir les effets de ses haies brise-vent. «Elles n'ont que 4, 6 et 8 ans. Il faudra encore une dizaine d'années avant de voir l'effet maximal et pouvoir dire que ça paraît, clame-t-il. Pour le moment, c'est surtout des perceptions que nous avons».

Par exemple, il a pu observer une augmentation significative de sa récolte de foin dans son champ situé près du rang de la Grande-Plaine à La Visitation-de-Yamaska, un endroit qui est particulièrement à découvert.

«C'est dû à plusieurs facteurs, nuance M. Côté. La perception que nous avons, c'est que ça n'a pas nui, mais que ce n'est pas juste en raison de la présence de la haie brise-vent. Elle n'est pas encore assez haute».

«La présence d'arbres amène aussi des inconvénients dans un champ de foin. Ça fait en sorte que c'est un peu plus long pour le faire sécher parce qu'il y a de l'ombre, avoue-t-il. Il faut aussi faire attention quand on arrose. La croissance des arbres a été quelque peu ralentie quand ils ont reçu une bonne dose de produits chimiques».

«Parmi les avantages, on peut déjà constater qu'il y a moins de poussières et que ça retient mieux la neige. Aussi, la plante se fait moins brasser. Ça l'aide à pousser», observe celui qui a longtemps été président de la Grande Tablée des Oies de Baie-du-Febvre.

Des arbres à croissance rapide

Afin de profiter le plus rapidement possible des effets bénéfiques des haies brise-vent, le MAPAQ conseille d'utiliser des essences spécifiques et des techniques spécialisées.

Dès la plantation, une attention particulière est apportée à la croissance de l'arbre. Ceux-ci sont plantés à travers un paillis de plastique qui est d'abord installé sur toute la longueur de la haie et sur lequel sont étendus des copeaux de bois. Ceci sert à éliminer toute compétition végétale.

«Comme les arbres sont plantés dans un champ agricole, ils profitent aussi d'un sol qui est beaucoup plus riche, explique Jacques Côté. C'est certain que ça les aide à pousser plus rapidement».

Lorsqu'ils ont fait planter des haies brise-vent à trois endroits stratégiques et ciblés par le MAPAQ, en 2004, 2006 et 2008, les frères Côté ont choisi de faire pousser des mélèzes et des frênes.

«Le mélèze va pousser en cône et le frêne va faire le contraire, fait remarquer Jacques Côté. Ça va faire en sorte qu'ils vont former un écran plus efficace lorsqu'ils seront à maturité, parce que leurs formes vont mieux s'épouser pour empêcher le vent de passer».

«En plus de former un meilleur écran pour le vent, le fait d'avoir deux essences d'arbres, ça permet aussi de mieux résister aux maladies. Si jamais il y a quelque chose qui s'attaque aux frênes, par exemple, il y a les arbres de l'autre essence qui vont résister. Ça va au moins faire en sorte que tu n’auras pas tout perdu», explique-t-il.

«Nous avons planté ces essences pour une question de vitesse de croissance. Le frêne est reconnu pour être un arbre qui pousse assez rapidement, fait valoir le producteur laitier. Nous aurions pu choisir le peuplier hybride. Il pousse peut-être plus vite, mais il est plus fragile. Le frêne, lui, est beaucoup plus rigide. Il casse moins facilement parce que c'est du bois franc».

Un entretien régulier

En plus de s'assurer que les arbres poussent rapidement, il faut aussi faire en sorte qu'ils poussent correctement.

«Il faut les tailler de façon à ce que le tronc de l'arbre ne se sépare pas en plein milieu et qu'il forme une fourche. Si la tête casse, par exemple, il faut s'assurer que l'arbre ne reparte pas de travers. Il faut l'élaguer d'une certaine façon pour s'assurer qu'il pousse droit, élabore Jacques Côté. Ça demande de l'entretien assez régulièrement. C'est pourquoi on s'est laissé de l'espace pour circuler avec un tracteur. Pour nous, ça représente environ une semaine d'ouvrage».

L'entretien régulier permet d'abord de s'assurer que l'arbre pourra donner son plein rendement à la haie brise-vent lorsqu'il aura atteint sa maturité, mais aussi de faire en sorte que la bille soit d'une dimension intéressante.

«Un moment donné, il faudra en couper un sur deux pour laisser pousser l'autre à sa pleine capacité parce qu'ils sont collés entre eux, rappelle-t-il. Sinon, ils s'accrocheraient et ils ne pousseraient pas correctement».

«C'est donc dans ton intérêt de l'entretenir comme il faut, pour que le tronc de l'arbre grossisse le plus possible. Parce que quand viendra le temps de couper les arbres, ça peut te donner une plus-value intéressante si tu peux avoir de bons billots», fait valoir Jacques Côté.

L'espace perdu sous les arbres peut aussi être récupéré pour cultiver des petits fruits ou des légumes de type vivace. «Entre les arbres, nous pourrions cultiver des asperges, des bleuets ou tout ce qui a besoin d'être planté une seule fois et qui repousse à tous les ans. Or, nous n’avons par le temps. Nous sommes d'abord et avant tout des producteurs laitiers», rappelle-t-il.

Plusieurs avantages

En plus d'aider à la plantation et à l'entretien, le MAPAQ peut aussi indiquer aux producteurs les endroits propices à la plantation d'arbres. Il est effectivement important que les haies brise-vent soient bien localisées pour un meilleur contrôle du vent et une augmentation du rendement des cultures.

Par exemple, la haie peut améliorer le bien-être des animaux en leur donnant plus d'ombre. Elle peut aussi atténuer les odeurs provenant des différents élevages ou de structures d'entreposage du fumier qui sont présents dans la région, comme les porcheries et les fermes laitières.

En contrôlant le vent, elle permettrait de réduire l'assèchement de la plante, de favoriser une meilleure absorption du CO2 et d'accroître la photosynthèse. La réduction de la vitesse du vent permettrait aussi d'augmenter l'accumulation de neige au champ et de protéger les cultures contre le gel, ce qui permettrait d'augmenter la qualité des fourrages et des grains.

Une haie brise-vent située près d'un fossé ou d'un ruisseau permet aussi de réduire la pollution diffuse qui finit par se retrouver dans l'eau. En bordure d'une rivière, en plus de protéger les berges, une haie brise-vent procure l'ombre nécessaire à l'habitat du poisson en plus de diminuer l'érosion et la perte de sols agricoles.

Les haies brise-vent peuvent aussi avoir des avantages économiques en diminuant les coûts de déneigement. Lorsqu'elles se trouvent autour d'un bâtiment d'élevage, sa présence peut diminuer les coûts de chauffage de l'ordre de 10 % à 15 %.

Réduire et non bloquer le vent

Une haie-brise vent ne doit pas empêcher le vent de passer. Son rôle est plutôt d'agir sur le vent pour réduire sa vitesse. Les experts s'entendent pour dire que sa porosité devrait être de l'ordre de 50 %.

C'est qu'une haie trop dense peut s'avérer plus nuisible qu'autre chose, en devenant un nid d'insectes ravageurs, en causant un gel hâtif des cultures ou en retardant la fonte de la neige et ainsi le début des travaux.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    mbaya
    - 20 Juin 2012 à 11:37:04

    bonjour je suis finaliste en sciences agronomiques en RDC/Lubumbashi je desire venir travaille dans votre entreprise dans la production animale te vegetale.pour plus des precisions voici mes numero portable 00243811757044/995333648.merci franche collaboration

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