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Aucun producteur agricole n’est à l’abri d’une crise alimentaire

Publié le 16 Janvier 2012
Publié le 16 Janvier 2012

Monique Thomas, directrice générale, Association des producteurs de canneberges du Québec

On se souviendra du mois de mai 2011 où chaque jour les médias européens nous rapportaient des événements malheureux de la pire crise alimentaire qu’ait connue l’Union européenne (UE). D’abord faussement identifiée comme «La crise du concombre espagnol», il n’en fallait pas moins pour que les consommateurs répondent par des réactions disproportionnées en changeant subitement leurs habitudes alimentaires entraînant des stocks gigantesques de fruits et légumes frais invendus et voués à la destruction. Les pertes se chiffrent en millions d’euros pour les producteurs d’Espagne, du Portugal, de l’Allemagne, de France et de plusieurs autres pays de l’UE et pourtant il ne s’agissait que du concombre!

Sujets :
Union européenne , Association des producteurs de canneberges du Québec

En une semaine, l’alerte à la bactérie Escherichia Coli (E. Coli) causant la mort d’une quarantaine de personnes et l’intoxication d’un millier d’individus provenant de 12 pays de l’Union européenne aura fait des ravages économiques et commerciaux importants. La Russie, le principal client de l’UE émettait un embargo interdisant ainsi l’importation des légumes frais en provenance de l’UE. Plusieurs pays ont aussi suivi. Mais l’importante chute de consommation de fruits et légumes aura mis en évidence la fragile confiance entre le producteur et le consommateur.

Quand le consommateur décide…

La méfiance des consommateurs de l’UE a touché toute la production agricole. Un problème isolé d’une ferme affecte désormais toute une industrie, tout un secteur. Plus aucun producteur ne peut prétendre être à l’abri d’une crise alimentaire. Cette onde de choc européenne aura permis de constater jusqu’à quel point le consommateur est maître et par conséquent, la rapidité avec laquelle les autorités doivent remonter la filière des produits pour identifier la cause d’un problème pour mieux limiter les dommages directs et indirects.

Pour palier à l’insécurité des consommateurs, les cahiers de charges garantissant les bonnes pratiques et les vérifications par des tiers deviendront la norme exigée. Une équipe travaille actuellement à développer un référentiel commun pour les pays de l’UE en matière de production agricole.

De l’autre côté de l’océan, c’est-à-dire chez nous, les producteurs doivent aussi se préparer à répondre à des cahiers de charges vérifiés garantissant les bonnes pratiques et répondant aux exigences strictes en matière de traçabilité, salubrité d’hygiène et de sécurité alimentaire. Les certifications à la production auront la côte car elles viendront, pour les transformateurs et les distributeurs diminuer les risques.

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