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Une journée chez une productrice de lait ukrainienne

Publié le 24 Septembre 2009
Publié le 8 Juin 2010

Production laitière

Sylvie Bilodeau, agronome Conseiller coopératif Agropur, coopérative laitière

Sujets :
Société de coopération , Agropur , Ukraine , Lviv , Dnipropetrovsk

À titre de conseiller coopératif et de professionnelle de la qualité du lait, j’ai eu la chance de vivre deux missions de 14 jours en Ukraine sous la responsabilité de la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI). À titre d’institution membre, Agropur a accepté de mettre à la disposition de SOCODEVI certaines de ses ressources humaines, comme consultant, dans un projet visant à améliorer la compétitivité de l’industrie laitière dans les provinces de Lviv et de Dnipropetrovsk. Du 14 au 28 février dernier, j’ai donc eu à observer les pratiques, poser des questions et proposer des pistes de solutions pour améliorer la qualité du lait à la ferme. En juin, j’avais à continuer l’analyse de la situation et à commencer l’implantation du plan d’action.

Pour vous aider à comprendre la situation en Ukraine, j’aurais pu vous parler de statistiques sur la production laitière Ukrainienne, vous auriez eu de bien belles données mais vous n’auriez pas compris l’essentiel de la problématique de la production laitière.

J’aurai pu vous parler des Kolkhozes, anciennes fermes collectives de l’URSS, vous dire que certaines d’entre elles sont louées à des privés par le gouvernement pour une période de 50 ans, qu’elles ont entre 200 et 500 vaches mais vous auriez entendu parler que de 10% des fermes et des producteurs les plus riches.

J’ai plutôt choisi de vous parler d’une journée dans la vie d’un villageois qui produit du lait. 80% du lait de l’Ukraine est produit par ces producteurs.

Entre 6 h et 7 h, habituellement la femme va derrière la maison pour traire sa ou ses vaches (entre 1 et 4). Les maisons de ses producteurs ne sont pas éloignées les unes des autres comme dans nos rangs de campagnes mais plutôt rapprochées les unes sur les autres dans des villages. Le lait est mis dans un seau sur le bord de la route. Un camion (ou parfois une citerne trainée par un cheval) passe dans le village pour ramasser le lait.

Vers 9 h , le producteur amène sa vache au pâturage communautaire. Les quelques 50 vaches du village peuvent faire jusqu’à un kilomètre pour aller au pâturage qui est hors du village. Parfois les producteurs amènent leurs vaches eux-mêmes, parfois un berger amène les vaches de tous.

Vers 13 h, les femmes se dirigent vers le pâturage à pied, en auto, en vélo, pour traire leurs vaches au champ. Le lait est ramené à la maison pour le garder au froid.

Vers 17 h, les vaches sont ramenées à la maison pour la traite du soir.

Le lait de la traite du midi et du soir est gardé au froid de toutes sortes de manières jusqu’à ce que le camion le ramasse le lendemain matin. Les méthodes de refroidissement vont du bac d’eau dans une cave dans le sous-sol, en passant par des bouteilles de lait dans le réfrigérateur jusqu’aux bouteilles d’eau glacées directement dans le lait.

Au travers de tout cela, les producteurs s’occupent de leur jardin et de leurs autres animaux pour leur consommation personnelle. Ils font de l’agriculture de subsistance.

Voilà, c’est une journée typique d’un villageois producteur de lait en Ukraine. Ces gens travaillent énormément pour un prix ridiculement bas. Malgré tout, ils s’en sortent quand même bien car ils ont la chance de produire leur nourriture.

Avec cette image en tête, les statistiques ne sont pas nécessaires pour comprendre l’état de la production laitière en Ukraine. Le projet de Socodevi a comme objectif d’améliorer la compétitivité de l’industrie laitière. Mon intervention dans le projet consiste à améliorer la qualité du lait mais d’autres consultants travaillent avec les producteurs dans les autres aspects de la production entre autre, sur l’alimentation du bétail, l’amélioration des pâturages, la génétique, etc.

Il reste trois ans au projet, je crois fermement qu’avec la structure et le support qu’il leur est proposé, il est possible de faire faire des pas de géants à ces producteurs. Dans quelques années, en regardant le chemin parcouru, je pourrai dire avec fierté qu’il y a un peu petit de moi là-dedans.

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Bernard TRARIEUX
    - 28 Juin 2010 à 14:45:19

    J'ai aimè le réalisme de votre article J'ai mis votre article sur mon Blog http://ukraineua.canalblog.com/

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