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Un producteur de Saint-Bonaventure en veut à Hydro-Québec

Un producteur de Saint-Bonaventure en veut à Hydro-Québec

Un producteur de Saint-Bonaventure en veut à Hydro-Québec

Lise Tremblay
Publié le 16 Juin 2008
Publié le 8 Juin 2010
Lise Tremblay

Un transformateur en mauvais état affecte le rendement de ses vaches

Les problèmes de Josef Egli, un producteur agricole de Saint-Bonaventure, ont commencé en 2000. Sans savoir pourquoi, il a recensé plusieurs changements dans son étable : problèmes de mammites, d'avortements et une baisse importante de production laitière. Des experts, il en a contactés plusieurs. Des améliorations, il en a fait pour plusieurs milliers de dollars et il n'a jamais retrouvé son «troupeau d'autrefois». D'après lui, le coupable est un transformateur d'Hydro-Québec défectueux, qui lui envoie un courant parasitaire.

Sujets :
Hydro-Québec , MAPAQ , Agrivolt , Courant Prêt , Hydro

Ce producteur d'expérience a perdu énormément d'argent depuis le début de cette aventure. En plus des honoraires des vétérinaires et des experts, il a procédé à des changements majeurs dans son étable en espérant que ses 60 vaches reprennent du galon et, surtout, qu'elles recommencent à produire une quantité satisfaisante de lait.

Entre autres, il a isolé les lignes de lait de l'étable, changé tout son système de traite de même qu'un compresseur et installé des filtres antiparasites dans le toit de son étable. «Chaque fois qu'on a fait des changements, on a remarqué que c'était mieux, que la production s'améliorait. Cependant, au bout de quelques semaines, ça recommençait à chuter. Nous sommes vraiment découragés», a exprimé M. Egli.

C'est qu'en 2000, chacune de ses vaches produisait 9600 litres de lait annuellement. Aujourd'hui, elles en sont à 7700 litres. «En raison de l'amélioration génétique du troupeau, nous devrions être en ce moment à 10 000 litres de lait par année. Durant l'an 2007, nous avons perdu énormément d'argent», a révélé ce producteur d'origine suisse.

En plus de ses pertes crève-cœurs, M. Egli doit investir davantage lorsque vient le temps de la reproduction. La fécondation est plus difficile et les vaches en gestation n'arrivent pas toujours au bout de leur terme.

Pourquoi?

Après avoir tenté de trouver une explication auprès du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) de même que du côté de l'Union des producteurs agricoles du Québec, Josef Egli a contacté la firme privée Agrivolt, spécialisée dans les courants parasitaires.

C'est d'ailleurs cette compagnie qui a proposé l'installation des filtres antiparasitaires, une installation qui a coûté la rondelette somme de 30 000 $, mais qui, au moins, a amélioré de façon tangible l'état de santé du troupeau.

Autre fait marquant : en novembre 2007, M. Egli a convié autour d'une même table tous les intervenants qui sont intervenus, à un moment ou à un autre, dans son étable. Un représentant d'Hydro-Québec a accepté d'y participer et de vérifier le courant. Une équipe a alors changé les collets des fils électriques à l'extérieur du bâtiment, mais ça n'a donné aucun résultat.

Il coupe le courant

Prêt à tout et probablement à bout de nerfs, le producteur a alors coupé le courant durant un mois dans son étable. Il l'a alimentée à l'aide d'une génératrice.

Preuve du MAPAQ à l'appui, les vaches se sont mis à produire comme jamais. «On a fait le train deux fois par jour avec la génératrice. Nous avons récolté 400 litres de lait de plus durant cette période, avec le même nombre de vaches. Dès qu'on a rebranché le courant, la production s'est cependant remise à chuter», a fait savoir le producteur. À la lumière de cette «expérience», M. Egli a recontacté Hydro-Québec. Une équipe s'y est bien rendue (à plusieurs reprises même), mais aucun résultat n'a été dénoté. «Nous avons ensuite reçu une lettre d'Hydro-Québec pour nous dire que le transformateur n'était pas en cause, a révélé l'agriculteur. Par la suite, nous avons demandé à Hydro de nous fournir les résultats des tests qui ont été effectués chez nous, mais personne n'a voulu le faire. Nous avons donc fait la demande en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Nous attendons encore».

Pourtant, les tests effectués par la firme Agrivolt indiquent clairement «la présence de perturbations électriques (impulse) sur la phase 2 du transformateur électrique». «Hydro-Québec maintient que le transformateur est correct. Pourquoi alors il ne l'échange pas contre un neuf et installe celui-ci ailleurs. Je leur ai même offert de le payer de ma poche. Au point où j'en suis, ce ne sont pas quelques milliers de dollars de plus qui vont faire une grande différence», a conclu l'homme découragé.

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